Voeux de Madame le Maire à Varennes Vauzelles (58)

Ayant reçu une invitation par mail, je me suis rendue à la mairie le 10 Janvier pour les vœux de Mme le Maire à la population, seule de la communauté car l’une de mes sœurs était malade et l’autre non motivée.

A mon arrivée, la salle était déjà pleine de monde. Une femme et un homme chantaient accompagnés de leur accordéon et guitare,

Arrive Mme le Maire : Isabelle Bonnicel. Elle est entourée d’un groupe important de jeunes ; c’est le conseil municipal des jeunes , de son adjoint et de quelques conseillers municipaux. Aussitôt, se lève un  brouhaha ! Quelques gilets jaunes déploient juste devant elle une banderole. Mme Bonnicel, d’un ton énergique et avec fermeté,  dit refuser toute manifestation ; ce n’est ni le lieu ni le moment !  Beaucoup se mettent à crier : « Dehors ! » Les 3 policiers présents dans la salle sont déjà prêts à intervenir… Mme Bonnicel prend alors vigoureusement la parole pour leur dire qu’elle est prête à les recevoir quand ils le voudront, et même qu’elle souhaite qu’ils restent dans la salle pour l’écouter. Tout est rentré dans l’ordre ! J’ai admiré son autorité calme. Au lieu d’exclure, elle a su intégrer ces personnes qui étaient condamnées par l’ensemble de la salle.

Mme le Maire expose alors de façon très concrète et avec clarté les réalisations accomplies en 2018 et les projets pour 2019 sans cacher tous les ennuis et questions qui se posent. Elle fait aussi allusion à tous les actes de malveillance qui grandissent d’année en année et dont elle a été elle-même victime dernièrement à deux reprises…

Sont présentes aussi devant nous deux super mamies, avec leur grande banderole imprimée « Super mamie Nièvre 2017 et « Super mamie Nièvre 2018 ». Elles seront présentées un peu plus tard. Pas de compassion pour leur grand âge ! elles ont dû subir la station debout durant tout le discours. Visiblement, l’une d’elles ne tenait plus sur ses jambes.

Ensuite, Mme le Maire est heureuse de nous présenter trois citoyens d’honneur : une sportive de natation âgée qui a remporté beaucoup de compétitions à l’étranger ; un médecin qui travaille avec 4 autres médecins à Vauzelles  pour assurer la relève : ils reçoivent des stagiaires de Lyon et Clermont espérant qu’ils s’attacheront à cette région et qu’ils viendront y travailler plus tard; et enfin, un jeune technicien inventeur très ému, en très beau costume, qui nous a montré son sommier  en KIT personnalisable, éco conçu: système de lattes et d’engrenages interchangeables. Chacun d’eux a reçu diplôme et médaille,

Bien sûr, après quelques photos, pot d’amitié  au son de la musique !

Pour moi, je suis partie dîner avec mes sœurs. Mais auparavant, j’ai eu la joie  d’échanger quelques mots avec deux petits kosovars, nos anciens voisins d’escalier qui font partie du Conseil municipal jeune. Valentine a même osé prendre la parole, sans aucune timidité, pour souhaiter ses voeux à l’assemblée au nom des jeunes.

Sr Chantal Lebouteiller 

Venansault : 127 ans de présence humble et discrète…

« Nous sommes réunis, en ce jour, à l’occasion de la fermeture de la communauté  des soeurs des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie, fermeture qui clôt une longue période de présence dans cette commune de Venansault, 127 ans… 127 ans de présence humble et discrète au coeur de la cité »

C’est par ces quelques mots que Sr Nadia Brianceau, Provinciale des soeurs des Sacrés Coeurs commence son allocution en ce dimanche 13 janvier, jour où la paroisse est réunie pour célébrer l’Eucharistie et rendre grâce avec les soeurs pour ces belles années de présence dans la commune.

127 ans… C’est en effet en octobre 1891, à la demande de la famille Mercier Colomblière que 5 soeurs arrivent dans la commune pour fonder une école. Que de rencontres et de moments partagés avec les Venansaltais depuis leur arrivée !

Ces quelques témoignages nous donnent un aperçu de la profondeur et la qualité de ces liens tissés :

Marie-Agnès : « […] j’adresse un merci affectueux et reconnaissant aux religieuses avec lesquelles j’ai eu la joie de travailler en étroite collaboration pendant de nombreuses années. Leur présence à la direction de l’école était un appui pour l’enseignante que j’étais et un pilier sur lequel s’appuyer pour les parents, dont je faisais partie, qui leur ont confié l’éducation de leurs jeunes enfants au sein de l’école. »

Marielle : « Nous voulions vous remercier pour l’accueil : l’accueil des nouvelles familles, un coup de téléphone, un mot gentil aux jeunes mamans croisées dans la rue,… l’accueil au 17 rue Georges Clémenceau, où chacun pouvait trouver derrière la porte, une écoute empathique, de bons conseils, les livres prêtés, les cafés et biscuits servis, de la chaleur humaine. MERCI ! »

Christian : « Pour tous les services qui ont été assurés pour annoncer la Bonne Nouvelle, célébrer le Seigneur et aider vos frères : *à l’école Louis Chaigne que les soeurs ont dirigé, où elles ont enseigné, guidé, catéchisé, hébergé les jeunes enseignantes *pour la participation aux équipes liturgiques, au service de la sacristie *pour l’accompagnement des familles en deuil, les permanences d’accueil au presbytère, l’investissement dans le service évangélique des malades, la participation au conseil de paroisse, et aux mouvements d’action catholique… MERCI ! »

Muriel :  » Pour votre accompagnement, pour toutes les attentions aux personnes dans le besoin, pour avoir veillé sur les bons pasteurs qui se sont succédés, pour toutes les intentions confiées que vous avez portées dans la prière, pour avoir été confidentes des personnes en souffrance, pour avoir partagé les rires et les larmes, pour vous êtes faites « soeurs ». MERCI ! »

A la fin de la célébration, les soeurs Jeanne-Marie, Jeanne et Marie-Véronique ont chacune reçu une lanterne « puisqu’une lampe est appelée à éclairer et non à rester sous le boisseau, où qu’elle soit ! »

Les vœux à Bourgenay… Formule toute faite…

Le dimanche 6 janvier dernier, après l’eucharistie dominicale célébrée à la chapelle, nous avons convié les chrétiens pour un temps de convivialité et de rencontre. Moment riche de partage où selon la coutume chacun a présenté ses vœux de « bonne et heureuse année » ajoutant « la santé surtout ».

Formule toute faite que ces vœux ! me direz-vous. Oui, quand nous formons des souhaits pour autrui, ils recèlent parfois un certain embarras et nous nous réfugions derrière des formules toutes convenues. Il serait indiqué  de nous mettre à la place de celui à qui vont nos souhaits, en le prenant dans nos pensées, notre prière. De quoi a-t-il besoin pour réussir sa vie ? Qu’est-ce qui lui ferait du bien ? Où va son désir ? Alors nos vœux seraient réellement une expression de l’amitié. Prendre le temps de réfléchir à chacun de ceux vers qui vont nos vœux est exigeant, mais nos vœux atteindront leur cœur. Ils seront  plus qu’une simple formule de politesse. Ils exprimeront une affection qui peut éclairer leur vie, en même temps que les souhaits et les espoirs qui sont les leurs.

Dans ce temps de morosité climatique et sociale, il est touchant de se souhaiter de bonnes choses et au sortir de la messe de l’Épiphanie d’appeler, pour chacun(e) la bénédiction de Dieu, lui exprimant ainsi l’amitié, la fraternité, l’amour que l’on éprouve pour lui. Et dans une communauté chrétienne, cela prend du sens de se souhaiter de bonnes choses.

Alors, le temps d’un café et d’un morceau de brioche, notre petite communauté a offert cet espace de douceur où, avec la simplicité des gens sans importance, chacun a pu s’approcher de l’autre connu ou inconnu pour lui et lui souhaiter le meilleur, avant de …. repartir par un autre chemin riche d’une rencontre.

Sr Martine (Communauté de Bourgenay)

« Pars… vers le pays que je t’indiquerai »*

C’était le jour de Noël. Nous venions de passer un beau moment de fraternité autour de la table, nous, religieuses des quatre petites communautés du Sud Vendée, venues rejoindre, à leur invitation, nos aînées de Fontenay. Joyeux repas où chacune avait apporté sa contribution, de la déco au dessert en passant par tous les plats sans oublier vin et apéritif. Avant que nous ne nous séparions je devais donner une information… pas trop réjouissante. Essayant de maîtriser mon émotion j’annonçais donc le départ de deux sœurs de cette communauté, sœur Madeleine et sœur Marie-Geneviève, pour l’EHPAD de l’Épiardière (à Mormaison).

Avec émotion disais-je. Ce sont deux sœurs de 96 et 86 ans qui n’ont jamais quitté Fontenay ou si peu pour l’une d’elles. C’est un dépaysement total pour elles, dont j’ai pleinement conscience. Dépaysement du lieu et des sœurs si peu connues avec lesquelles elles vont désormais faire communauté. C’est aussi une entrée en EHPAD… J’ai conscience de tout ce que cela veut dire, du renoncement auquel elles sont appelées et donc auquel je suis appelée, auquel nous sommes d’ailleurs tous appelés. Pour elles c’est l’aboutissement d’un cheminement spirituel à la suite de la proposition qui leur a été faite, le fruit d’une foi profonde et d’une grande disponibilité, l’accueil de leur vieillissement.

Je ne parlerai pas ici d’obéissance, ce mot est trop souvent mal compris. Je parlerai plutôt de disponibilité, d’abandon, d’accueil de l’événement reconnu comme signe de Dieu. « Les événements sont nos maîtres » aime à répéter sœur Madeleine à la suite de St Vincent de Paul.

Bien sûr rien d’exceptionnel dans cette situation. Combien de nos anciens doivent faire un passage semblable. Leur chemin d’acceptation n’en est pas moins un beau témoignage tant pour nous, religieuses, que pour les laïcs, leurs amis avec qui elles partageront cette expérience.

Madeleine, Marie-Geneviève votre témoignage nous édifie, dans tout le sens du terme : il nous fait grandir, il nous aide à grandir. Nous vous en sommes profondément reconnaissantes. Et je vous souhaite de vous habituer rapidement à l’Épiardière, d’y vivre en grande paix et sérénité, cette paix qui déjà vous habite.

* Livre de la Genèse, chapitre 12, verset 1

Sr Emmanuelle

Vivons Noël avec St François d’Assise

Spectacle de Noël avec les enfants de la paroisse St Hilaire de Fontenay, samedi 15 et dimanche 16 décembre.

Sur un script de Thérèse Boudet, la jeune chef de chœur de la chorale d’enfants, les enfants de la paroisse ont gestué plusieurs scènes d’évangile, de l’Annonciation à l’arrivée des Mages à Bethléem, en passant bien sûr par la Nativité.
St François d’Assise revenu l’espace d’une heure nous raconter l’histoire de Noël illustrée de photos du peintre Arcabas.
Les deux chorales de la paroisse, chorale d’adultes St Hilaire et chorale des enfants Les Rossignols se sont jointes pour animer ce spectacle. Tantôt l’une tantôt l’autre, parfois ensemble ou en dialogue.

Deux représentations et un moment d’enchantement ces samedi 15 et dimanche 16 décembre, à l’église St Jean, pour le plus grand bonheur des grands et l’émerveillement des petits.

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A l’occasion des fêtes de fin d’année…

Le jeudi 13 décembre 2018, les soeurs responsables des communautés de la maison mère, l’Epiardière ont invité l’ensemble des salariés de ces communautés à l’occasion des fêtes de fin d’année. Voici ce qu’en a retenu une salariée du Centre Spirituel Pierre Monnereau.

Lors des voeux avec les salariés, Sr Nadia nous a présenté l’histoire de la Congrégation et son rôle dans la société depuis 200 ans. Je me sens d’avantage impliquée en tant que salariée.

De la mer Noire à l’océan Atlantique…

Au moment, où notre pays peut être tenté par l’individualisme, nous avons eux l’occasion d’élargir l’espace de notre tente. La communauté a été sollicitée pour accueillir Dacha et sa maman Olga, deux Ukrainiennes venues à Talmont St Hilaire avec la troupe « Les Petites Perles d’Odessa », un groupe de jeunes chanteurs présentant des chants traditionnels d’Ukraine et des chants de Noël. Ce chœur de jeunes Ukrainiens  a ravi le public par  sa joie et sa gaité.  

Nous avons été enchantés par cette troupe pleine de joie, d’entrain et aussi de rigueur. Au rythme de l’ »Ave Maria » de Charles Azanavour, « Jingle Bells », « Douce nuit », « Les anges dans nos campagnes » et le joyeux chant de « Sister Act » et de nombreux autres chants,  nous avons goûté avec bonheur à la beauté de ces jeunes voix.

Accueillir Dacha et Olga a été une occasion de nous ouvrir à une autre culture, une autre langue (le russe) et aussi d’exhumer nos restes d’anglais. Nous avons bénéficié de la fraîcheur de la petite Dacha, pleine de la vie d’une jeune de 12 ans, ouverte à toute la nouveauté de l’expérience. Quel bonheur de découvrir l’Océan Atlantique si différent de la mer Noire et aussi… de manger du camembert (aussi célèbre que De Gaulle !).

A notre manière, nous avons pu être présentes aux enfants et aux jeunes par notre accueil, notre présence au concert. A la veille de Noël, cet accueil, qui a bousculé nos habitudes,  a été une belle occasion pour nous préparer à accueillir le tout Autre, celui qui vient à nous tel un étranger et bouscule nos manières de vivre et de faire.

Sr Martine

Corps et prière…

Un week-end « Corps et Prière » a lieu chaque année au Centre Spirituel Pierre Monnereau à Mormaison. Cette année, il a eu lieu les 17 et 18 novembre dernier. Laissons la parole à quelques participantes :

 

Un week-end « corps et prière » ? Etait-ce bien pour moi ?

Le dimanche soir, je suis rentrée chez moi le coeur en joie, heureuse d’avoir vécu ces deux jours avec un groupe d’une quinzaine de personnes. Des jeunes, des plus âgées mais rapidement, il y a eu une belle fraternité entre nous. A travers les gestes, la danse, redécouverte du corps qui exprime ce qu’il y a de plus profond en nous.

J’y ai découvert un chemin de liberté, d’harmonie (nous sommes corps et âme). Le mot « écoute » a beaucoup résonné en moi, écoute de la Parole, écoute de l’autre et tout cela à travers une gestuelle qui nous emporte dans la prière. La célébration eucharistique qui a clôturé le week-end a été riche de ce que nous avions vécu.

Joie, Paix, Écoute, Silence. Quelle joie de se sentir en harmonie, corps et âme, tournée vers le Seigneur !

Monique

 

« Face à la proposition d’un week-end « Corps et Prière », j’ai longuement hésité à m’inscrire… Pas fait pour moi, pas assez croyante, pas assez sportive, pas assez ceci, pas assez cela… Tellement de bonnes raisons de poursuivre ma vie à 100 à l’heure. Et puis, finalement, j’y vais ! Créant un peu de surprise autour de moi. « Tu fais une retraite ? », me demande-t-on. Quand tous les aspects « planning et logistique familiale » sont réglés, je file, pour prendre ce temps pour moi, appelons-le comme on voudra. Et là, je goûte un week-end particulier, différent, apaisant, ressourçant. Reprise de contact avec mes appuis au sol. On respire, on s’étend, on bouge à notre rythme et à celui de la musique. Le lieu est propice au calme et à la présence. Les textes accompagnent notre cheminement. On écoute les mots mais pas que, on les vit aussi dans les gestes, parlés ou chantés. C’est très étonnant. On partage avec le petit groupe, si on le souhaite. C’est finalement très accessible et je me demande pourquoi je me suis mise tant de barrières… Chacun prend ce qu’il veut, ce qu’il peut. Il y a des moments de recueillement mais aussi des moments de fête, des repas partagés, des mains tendues, des regards bienveillants. Une petite bulle d’instants présents ! Un temps pour se poser. Mon premier week-end, c’était en novembre 2016. Depuis, j’y suis retournée. Sans appréhension et avec encore plus de plaisir ! »

Hélène (43 ans)

 

Samedi, il est 10h30. Je prends ma voiture pour me rendre au Centre Spirituel de l’Epiardière à Mormaison où je me suis inscrite quelques jours auparavant pour une rencontre « Corps et Prière ». Mais je ne sais plus trop pourquoi. 12h00 pile, je stationne ma voiture devant le centre spirituel. Je suis à l’heure et bien accueillie.

14h00, l’animatrice nous donne rendez-vous dans une chapelle très spacieuse. En cercle, chacun se présente puis nous nous mettons en mouvement. Nous nous échauffons pour mieux ressentir nos articulations, notre peau, nos muscles, notre colonne vertébrale… Je prends conscience de mon corps dans ce qu’il est. Puis au rythme de musiques soigneusement choisies, mes bras se lèvent, s’élèvent ; mes mains accueillent, recueillent ; mon corps se tend vers l’avant comme pour mieux écouter, mieux voir, mieux accueillir…Temps d’expression corporelle entrecoupé de temps d’écoute de la Parole de Dieu qui sera l’occasion d’une réflexion pour mieux s’approprier les différentes attitudes de personnages cités : Dans la nuit de Noël, quelle est l’attitude de Marie dans la crèche à l’arrivée des bergers ? quelle est celle de Joseph? Et l’attitude de Siméon, au Temple, lorsqu’il porte l’Enfant-Jésus dans ses bras que m’inspire t-elle ? Lorsque le samedi, notre rencontre de la soirée prend fin, je me dirige vers ma chambre mais je tourne en rond, j’ai besoin d’air frais. Je sors, j’emprunte l’allée centrale au bout de laquelle se dessine une petite chapelle que je n’avais pas remarquée à mon arrivée. Sous la nuit claire et étoilée, je reste devant cette chapelle où le vitrail éclairé aux couleurs verte, bleue, blanche, marron légèrement nacrées se reflètent dans l’eau d’un petit lac. Je contemple la beauté de cet ensemble dans le silence de la nuit. Mais en même temps, de la chaleur émane des différentes parties de mon corps encore imprégné du vécu de cette première demi-journée. Je ressens la joie de mon corps vivant et je loue le Seigneur de tout mon être.

Je suis arrivée à la rencontre « Corps et Pierre » sans trop savoir pourquoi et j’en suis repartie avec la joie de ressentir mon corps vivant.

Elisabeth.